• equiyinequiyang

Harmonio ~ Travail de désensibilisation ~ Mars 2020



La désensibilisation consiste en la diminution progressive des réponses comportementales face à un stimulus. Utile pour aider les chevaux à faire face à leurs peurs, à réfléchir pour analyser un stimulus avant d'y réagir,... En pratique, j'utilise 2 compétences de savoir-faire principales :

- L’approche-retrait : consiste à « mettre en retrait » le stimulus avant de dépasser le « seuil de tolérance » du cheval. Ce seuil de tolérance peut être : avant qu’il lève la tête, avant qu’il se crispe, ou avant qu’il fasse un pas, ou avant qu’il décide de fuir. Vous pouvez fixer le seuil de tolérance en fonction de vos ressentis et du lien que vous avez avec le cheval, et de ce que vous souhaitez lui apporter. Pour Harmonio, j’ai fixé ce seuil à un pas. J’arrête ou je diminue l’intensité du simulus (rapidité du mouvement, bruit du drapeau,…) juste avant qu’il ne bouge ses pieds. S’il bouge quand même ce n’est pas grave, je continue en diminuant un shouïa mon intensité et j’arrête tout quand il arrête ses pieds et qu’il réfléchit. Pour la désensibilisation en mouvement, mon seuil de tolérance est avant qu'il n'accélère ou passe à l'allure supérieure.

- Le renforcement négatif : encourager l’augmentation des fréquences d’apparition d’un comportement en retirant/soustrayant un stimulus (d’où le mot « négatif », qui s’emploie ici selon son sens mathématique : soustraire, et non selon sa valeur morale). Ici, le but est d’augmenter les fréquences d’apparition de l’immobilité et de la réflexion chez Harmonio face au stimulus. Pour cela, je soustraie le drapeau dès que Harmonio s’immobilise et réfléchit, voire se relâche, pour l’encourager à réfléchir et à reproduire ce comportement. Comme s’il se disait « ah, quand je m’arrête face au stimulus, il s’arrête, c’est donc la réponse pour y mettre fin ».


A ces 2 savoir-faires s’ajoutent bien-sûr des compétences de savoir-être, pour rester en lien avec le cheval à tout moment du travail. Ecouter ses ressentis intérieurs et notre intuition pour agir avec justesse, savoir quand aller plus loin ou quand s’arrêter… Un autre savoir-être important est la gestion de son énergie : même si je manie un drapeau et un outil, je ne demande pas au cheval de bouger. Ce geste n’a PAS D’INTENTION de le mettre en mouvement. Cela nécessite que l’humain sache rester relâché et neutre tout en maniant l’outil sans crispation, et qu’il sache à l’inverse le manier avec une réelle intention corporelle quand il demande au cheval de bouger. Ce n’est qu’en combinant ces savoir-êtres au 2 savoir-faire énoncés ci-dessus que ce travail de désensibilisation est, à mon sens, cohérent pour le cheval ! Cela permet de rendre le cheval plus courageux au quotidien, l’encourage à faire face et à réfléchir dans des situations où, auparavant, il fuyait automatiquement par des écarts ou autre. Le cheval est capable de généraliser à d’autres stimuli que le drapeau même si je ne lui en présente pas forcément d’autres, à partir du moment où j’encourage la réflexion et non l’extinction mentale. L’immobilité observée lors du travail avec Harmonio n’est pas de la résignation acquise et conditionnée, c’est un l’apprentissage d’une nouvelle compétence équine pour lui : celle d’analyser et de réfléchir AVANT de fuir.