• equiyinequiyang

La recherche Q A Z U L ~ En quête de sens et de joie de vivre

Quelques images de Qazul, Lusitano-Barbe de 16 ans, plutôt ordinaires en apparence… Mais lourdes de sens. Qazul symbolise tout simplement une rennaissance. 🌱🌳

- Dans sa jeunesse, Qazul a déclaré une ostéochondrite disséquante du jarret droit, sûrement dûe à une mauvaise alimentation.

- Un débourrage chaotique et traumatique. Une castration tardive à 4 ans, choix difficile.

- A 12 ans, il a déclaré une uvéite, qui a récidivé 3 fois.

- A 13 ans, une colique a failli lui coûter la vie. Chirurgie oblige. Traumatisé des pansements, la terreur dès qu'on touchait à son ventre.



J'ai rédigé les lignes qui suivent après cette première vidéo ci-dessus. J'avais encore du mal à trouver ma place sur Qazul en selle barefoot, les jambes pas à leur place, etc... A la séance d'après (2ème vidéo, ci-dessous) Qazul a fait un véritable saut quantique, et j'ai enfin pu l'englober et être proche de lui. Toutes les barrières avaient sauté...

Pour Mireille, la « gardienne » de Qazul, rien n’est dû au hasard. Entre culpabilité et espoir, les aventures traumatiques de Qazul reflètent le chaos dans la recherche d’une vérité propre à sa création : l'équi-jardin Terre d’illich.

Il n’a jamais réellement été remis au travail depuis son opération.

Il y a 3 mois, à la demande de Mireille, fondatrice de Terre d’illich, j’ai repris Qazul au travail. Elle m’a montré une simple photo d’elle monté sur Qazul en padd de monte à cru et sans mors, une des rares fois où elle a senti son "énergie d’entier". Ce rassemblé naturel et léger, cette flamme de vie. Elle m’a dit « j’aimerais l’aider à retrouver cela, cette expression. »

J’ai découvert un cheval campé et crispé quand on lui demandait un pas en avant. Un cheval qui avait capitulé à investir son corps. Que ce soit pour sortir du pré ou marcher « normalement » en carrière, il était en quelque sorte bloqué et avait besoin d’être convaincu. Les départs au trot étaient inenvisageables pendant ma première séance. Un port de tête très haut, le dos creux, une très forte tendance à s’encapuchonner.

Il était plutôt démusclé, sans abdos ni dos, aux allures rasantes comme si les jambes fonctionnaient seules indépendamment du corps.

Lors de mes premières séances, mon seul objectif était qu’il reprenne goût au mouvement en avant dans le pas, qu’il recommence à s’étendre au moins horizontalement. Je voulais qu’il trouve un sens dans ce simple exercice. Je restais en selle à peine 5 min, parfois 3min. Dès qu’il sortait une seconde de sa crispation pour s’étendre et gagner en amplitude, hop je descendais. Le but était qu’il sache pourquoi il venait en carrière, que cela ait un sens, un sens accessible et facile qu’il chercherait à reproduire volontairement dès qu’on se mettrait en selle.

« Give him a job, no matter how small it is ».

Au bout de la troisième séance, j’ai pu commencer les départs au trot, une foulée seulement, sans creuser le dos.

Actuellement, cette première barrière mentale a sauté et j’ai accès à la volonté de se porter en avant et de chercher des réponses. Qazul suit plus volontiers, exprime sa flamme avec malice quand il s’ennuie tout en s’investissant de manière solennelle dans les expériences équestres que je lui propose. En liberté, il est connecté, et répond de plus en plus volontiers aux propositions de jeu, en exprimant ses souvenirs d’entier.

J’ai alors identifié une forte dissymétrie, un cheval qui penche à droite. Soit il penche de tout son poids sur son côté droit, notamment l’épaule (difficulté à s’incurver), soit il se met en faux pli encapuchonné vers la droite, se déporte vers la gauche en passant son antérieur droit devant le gauche (donc toujours le poids qui penche à droite). Sûrement l’expression des compensations de son manque de musculature et de sa faiblesse de jadis au jarret droit.

L’arrière-main semble peu mobile et il compense ce manque de mobilité avec une ultra-flexibilité de l’avant-main. Les antérieurs ont sorti abcès sur abcès jusque fin 2019, et les pieds sont actuellement en totale remodélisation.

Après le job du « mouvement vers avant », j’en suis actuellement au deuxième job : mobiliser les postérieurs, notamment le postérieur droit, en lui demandant de châsser les hanches quelques foulées à l’extérieur avant de repartir droit, mouvement extrêmement compliqué pour lui.

J’agis donc ponctuellement, en exagérant un peu mes aides, jusqu’à obtenir un semblant de réponse que je conforte.

Je ne me focalise pas sur le fait que, ponctuellement, il s’encapuchonne fort, et n’engage pas sous la masse, ce sont des observables erronés actuellement, quand ils sont pris isolément.

Je me concentre sur l’activité du bassin. Au fur et à mesure que Qazul se remuscle (le dos, les abdos), il s’encapuchonne moins, naturellement. Mais si je me focalise sur le fait de « ne surtout pas l’encapuchonner», je flirte avec la surface et vis l’expérience sous le mauvais angle.

Oui, je peux l’étendre et le laisser marcher plus librement jusqu’à ce qu’il se « juge ». Mais je tombe alors dans un équilibre sur les épaules, en traction, et de surcroit, sur le côté droit. Sans parler de la fausse mobilité du bassin et de l’arrière-main, qui sont allégés dans leurs fonctions et peu sollicités car l’avant-main compense… Le déséquilibre est donc là quand même.

Mon but intuitif est de redonner au bassin son rôle et sa fonctionnalité originelle ⚡… La poussée et la force propulsive, d’abord verticale pour ensuite mieux se déployer à l’horizontal. Cela passe par une phase d’éducation dans l’emploi des postérieurs. Châsser les hanches 1 ou 2 foulées vers l’extérieur permet d’employer d’avantage le postérieur latéralement et verticalement avant de l’engager d’avantage sous la masse à la foulée d’après. Sans compter que cela contribue à améliorer la souplesse du bassin.

Une semaine après cette séance et la rédaction de ces lignes, voici l'évolution de Qazul. Il avait déjà tout intégré. Il était volontaire, demandeur, totalement acteur de sa séance...


🙏 Merci aux chevaux de Terre d’illich de me permettre cette exploration, et d’accepter de briser leurs barrières mentales pour plonger avec moi dans ces expériences, sans que je sache forcément où cela nous mènent ni quels vont être mes questionnements, mes pistes de travail intuitives, et mes explications rationnelles… Merci de continuer à faire évoluer ma technique, et de pardonner mon équitation encore maladroite dans sa justesse intuitive et posturale !